Des recommandations françaises pour l’alimentation végétalienne chez l’enfant

De récentes recommandations françaises soulignent les effets délétères d’une alimentation végétalienne chez le nourrisson, l’enfant et l’adolescent sans accompagnement médical.

Infos clés

Le Groupe francophone d’hépatologie-gastroentérologie et nutrition pédiatriques (GFHGP), ne recommande pas l’alimentation végétalienne – excluant tout apport alimentaire d’origine animale – chez le nourrisson, l’enfant ou l’adolescent du fait des risques de déficits nutritionnels qui peuvent être délétères pour la santé. Si le végétalisme est cependant souhaité par les parents ou l’enfant, ce dernier doit être suivi par un professionnel de santé compétent dans le domaine qui pourra le surveiller et prescrire des compléments alimentaires essentiels à son bon développement.

 

Végétarien, végétalien : quelles différences ?

L’alimentation végétarienne exclut la consommation de chaire animale (viande, poisson, fruits de mer) mais pas toujours les produits d’origine animale (œufs, lait). Ainsi, il existe plusieurs sous-types de végétariens :

  • Les lacto-ovo-végétariens qui consomment les œufs et les produits laitiers.
  • Les lacto-végétariens qui consomment les produits laitiers, mais pas les œufs.
  • Les ovo-végétariens qui consomment les œufs mais pas les produits laitiers.
  • Plus rarement les fruitariens ne consomment que des fruits.

L’alimentation végétalienne, quant à elle, exclut tout produit d’origine animal (œufs, lait, miel…).

Quelles précautions pour l’alimentation végétalienne ?

Certes, il existe encore peu de données sur les effets santé de ce mode d’alimentation, et a fortiori chez l’enfant. Cependant, l’alimentation végétalienne, expose l’enfant à des déficits nutritionnels notamment en vitamine B12, vitamine D, fer, calcium, zinc, acides gras éicosapentaénoïque (EPA) docohexaénoïque (DHA). Ainsi, les experts du GFHGP ont établi les préconisations suivantes :

Protéines : chez les femmes enceintes végétaliennes, il faut favoriser la variété des sources protéiques (entre céréales et légumineuses) pour limiter les apports insuffisants en lysine et méthionine. Au besoin, selon les végétaux consommés, une supplémentation spécifique de l’un de ces deux acides aminés devra être envisagée. Chez les nourrissons il faudra favoriser les boissons à base de protéines de riz et de soja. Ces préparations sont par ailleurs à encourager aussi longtemps que possible, idéalement au moins jusqu’à 6 ans. Chez les enfants et les adolescents on retrouve les mêmes recommandations que chez la femme enceinte.

DHA : chez la femme enceinte, la consommation d’huile riche en acides gras oméga-3 (colza, noix, soja) sera à privilégier et/ou une supplémentation à base de micro-algues à raison de 100 à 200 mg/j. Si le nourrisson ne consomme pas de formules infantiles enrichies en DHA, il conviendra de prévoir un apport de 100 à 200 mg/jour de DHA sous forme d’algues. Chez les enfants et les adolescents la consommation d’acides gras omega-3 doit bien souvent s’envisager sous forme de micro-algues (100 mg/j) en plus d’une alimentation riche en oméga-3 (ex. soja, chia, noix, lin…).

Vitamine B12 : une supplémentation en vitamine B12 est nécessaire quel que soit l’âge. Les formules infantiles à base de riz ou de soja contiennent de la vitamine B12, en revanche, les enfants qui n’en consommeraient pas devraient recevoir comme toute personne végétalienne une supplémentation en vitamine B12 selon les apports recommandés en fonction de l’âge.

Vitamine D : chez l’enfant, la supplémentation en vitamine D doit être systématique sur la base des doses recommandées pour les enfants à risque, à savoir 80.000 à 100.000 unités comme pour tout enfant mais aux doses qui correspondent aux enfants à risque.

Calcium : chez la femme enceinte, une supplémentation à raison de 500 à 1.000 mg de calcium par jour en fonction des autres sources d’apport doit être proposée. Une supplémentation en calcium doit être envisagée dès l’arrêt de la consommation des préparations infantiles à base de riz et soja, à raison de 250 à 500 mg/j chez l’enfant et de 500 à 1.000 mg/j chez l’adolescent en fonction des autres sources d’apport en calcium.

Fer : chez la femme enceinte, l’enfant et l’adolescent, privilégier les fruits riches en vitamine C ou une supplémentation au besoin à raison de 2-3 mg/kg après confirmation des déficits par dosage sanguin. Chez le nourrisson, les formules à base de protéine de riz ou de soja combleront encore une fois les besoins et doivent être encouragées idéalement jusqu’à 6 ans.

Zinc : une alimentation végétale riche en zinc (famille des brassicacées : brocoli, choux de Bruxelles, chou-fleur…) est à favoriser chez la femme enceinte, l’enfant et l’adolescent. Au besoin, une supplémentation à raison de 1 mg/kg/j de gluconate de zinc pourra être envisagée chez ces trois profils. Chez le nourrisson les formules à base de protéines de riz et soja fourniront les apports nécessaires.

Iode : chez la femme enceinte, la consommation quotidienne de sel iodé à raison de 6,5 g/j dispensera de toute supplémentation spécifique. Chez les nourrissons la consommation de formules infantiles à base de protéine de riz ou de soja satisfera les besoins, chez l’enfant, l’apport en sel iodé doit être de 2-5 g/j et chez l’adolescent, de 5 g/j.

 

Références

Vegan diet in children and adolescents. Recommendations from the French-speaking Pediatric Hepatology, Gastroenterology and Nutrition Group (GFHGNP). Archives de Pédiatrie Available online 12 October 2019

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