Pffff !!! Savez-vous à quel point nos enfants sont exposés aux publicités pour la malbouffe ?!?

 

Une étude vient d’évaluer l’exposition des enfants et adolescents à la publicité alimentaire et notamment aux aliments de mauvaise qualité nutritionnelle.

 

Où en est-on en France ?

 

Depuis 2016, une loi a promulgué l’interdiction de la publicité commerciale dans les programmes jeunesse de la télévision publique, notamment pour lutter contre l’obésité.

Dans notre pays, la prévalence du surpoids et de l’obésité a augmenté à la fin des années 1990 puis, bien que celle-ci se soit stabilisée une dizaine d’années plus tard, elle reste encore aujourd’hui à un niveau élevé. Or, il est maintenant bien admis qu’un enfant obèse a plus de risque qu’un autre de le rester à l’âge adulte, et de développer des maladies chroniques.

 

Selon-vous…

 

  • Sur l’ensemble des publicités vues par les enfants et adolescents, quel pourcentage concerne des produits de malbouffe (produits riches en graisse, sucre, sel et calories) : 10%, 20%, 30% ou plus ?

 

  • Quel est le pourcentage d’enfants et d’adolescents qui regardent les programmes jeunesse pour lesquels la publicité est interdite sur les chaînes publiques ?

 

Certes, l’obésité est une maladie complexe pour laquelle de multiples facteurs favorisants interviennent, notamment des facteurs liés au mode de vie (pratique ou non d’une activité physique, sédentarité, alimentation, sommeil).

Des facteurs environnementaux interviennent également, notamment l’exposition au marketing alimentaire. Or, les publicités pour des aliments ultra-transformés, des boissons sucrées, des aliments riches en sucre, riches en acides gras saturés et/ou sel envahissent encore les écrans. De précédentes études ont montré que des enfants exposés au marketing alimentaire consommaient plus de produits sucrés, gras et riches en calories après avoir été exposés à ces publicités et avaient des apports caloriques plus importants sans qu’il n’y ait de diminution calorique plus tard dans la journée.

 

Nouvelles données sur le sujet

 

Des chercheurs ont évalué le niveau d’exposition d’enfants et d’adolescents français aux publicités télévisées pour des produits riches en graisses, sucre et sel. Ils ont également évalué l’exposition des enfants et adolescents français aux programmes jeunesse qui eux bénéficient de l’interdiction de publicité.

Leurs analyses portent sur les publicités alimentaires diffusées en 2018. Ils les ont catégorisées en fonction du Nutri-Score des produits présentés. Les jours et heures de diffusion de ces publicités à la télévision ont été croisés avec les audiences pour les 4-12 ans et 13-17.

 

Quels sont les résultats ?

 

Autant le dire tout de suite, ils sont affligeants !

  • Tous médias confondus (TV, radio, cinéma, publicités en extérieur, presse, Internet), 57% des publicités concernant l’alimentation impliquent des aliments Nutri-Score D ou E.
  • Les enfants de 4-12 ans passent en moyenne 1 heure et 28 min quotidiennement devant la TV et les adolescents 1 heure et 12 min. Les adolescents passent deux fois plus de temps sur Internet que les enfants (2 heures versus 53 min).
  • 19h – 22h est le créneau horaire où il y a le plus d’enfants et adolescents devant la TV (plus de 20% d’audience pour ces tranches d’âges).
  • Les programmes « jeunesse » soumis à une interdiction de publicité ne sont regardés que par moins de 2% des enfants et adolescents…
  • Plus de 50% des publicités auxquelles les enfants et adolescents sont exposées via la TV concernant les produits riches en sucres, gras et sel, c’est-à-dire notés D et E au Nutri-Score.

 

Pourquoi ces résultats sont-ils importants ?

 

Les enfants et les adolescents sont particulièrement vulnérables au marketing alimentaire. Or, jusqu’à présent peu d’études avaient évalué l’exposition des enfants et adolescents à ce marketing en France. En 2018, date de l’étude, la télévision était le média auquel les enfants de 4 à 12 ans étaient le plus exposés, suivi d’internet. Bien que les adolescents passent plus de temps sur internet, le temps qu’ils passent quotidiennement devant la télévision reste cependant en moyenne très élevé.

Ces données sont essentielles car indicateurs de la situation et soulignent l’insuffisance, voire l’inadéquation des mesures de protection prises dans notre pays pour préserver les enfants et les adolescents de l’exposition au marketing alimentaire lié à la malbouffe.

 

 

Référence :

Escalon H, Courbet D et al. Exposure of french children and adolescents to advertising for foods high in fat, sugar or salt. Nutrients 2021, 13, 3741. https://doi.org/10.3390/nu13113741

 

 

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